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Batch cooking facile : les 5 erreurs qui sabotent vos sessions

Si vous avez déjà terminé une session de batch cooking épuisé, frustré, avec un plan de travail dévasté et l’impression que cette méthode n’est pas faite pour vous — ce n’est probablement pas vous le problème. C’est la méthode que vous avez suivie, ou plutôt ce qu’elle a oublié de vous expliquer. Le batch cooking facile existe, mais il repose sur des principes que la plupart des guides survolent.

Ce que personne ne vous dit sur le batch cooking

Les recettes de batch cooking ne manquent pas. Les blogs regorgent de menus hebdomadaires, les livres proposent des plans tout prêts, et les vidéos vous montrent quelqu’un qui prépare cinq plats en souriant dans une cuisine immaculée. Ce qui manque presque toujours, c’est l’explication de ce qui se passe quand on essaie de reproduire ça chez soi, un dimanche après-midi, avec un four qui chauffe lentement, des enfants qui réclament un goûter et un plan de travail de 80 centimètres.

Le batch cooking échoue rarement à cause des recettes. Il échoue à cause de l’organisation autour des recettes — le séquençage, la gestion du matériel, la conservation, le dosage de l’ambition. Ce sont des erreurs structurelles, pas des erreurs culinaires. Et une fois qu’on les identifie, elles se corrigent facilement.

Erreur 1 : cuisiner sans plan de séquençage

C’est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse en temps. Vous avez vos quatre ou cinq recettes, vos ingrédients sont prêts, et vous commencez par la première recette de la liste. Vous la terminez, puis vous passez à la deuxième. Puis la troisième. Chaque plat est cuisiné du début à la fin, l’un après l’autre.

Le résultat : quatre heures de cuisine là où deux auraient suffi. La fatigue s’installe vers la troisième recette. La motivation s’effondre. Le dernier plat est bâclé ou abandonné. Et la semaine suivante, l’envie de recommencer n’est plus là.

Le problème n’est pas la quantité de cuisine — c’est l’absence de parallélisation. Un gratin dauphinois passe une heure au four à 180 °C sans que vous ayez besoin de le toucher. Pendant cette heure, vous pouvez préparer intégralement une ratatouille et lancer la cuisson de vos lentilles. Le four travaille pendant que vous travaillez. Le temps passif d’un plat devient le temps actif d’un autre.

Sans ce raisonnement, chaque minute de cuisson passive est une minute perdue — vous attendez que le four finisse en regardant la lumière à travers la vitre. Avec ce raisonnement, vous faites tenir trois heures de cuisine séquentielle dans une heure quarante-cinq de cuisine parallélisée.

Le séquençage est la compétence centrale du batch cooking. Ce n’est pas une astuce — c’est le socle de la méthode.

Erreur 2 : tester trop de nouvelles recettes en une seule session

Vous avez trouvé un menu de batch cooking sur internet. Cinq recettes que vous n’avez jamais faites. Elles ont l’air bonnes, les commentaires sont élogieux, les photos sont appétissantes. Vous faites les courses et vous vous lancez.

Trente minutes plus tard, vous relisez les étapes d’une recette pour la troisième fois. Vous hésitez sur la quantité de cumin. Vous n’êtes pas sûr de la consistance que devrait avoir votre pâte. Chaque recette exige toute votre attention parce que vos mains ne connaissent pas encore les gestes. Impossible de paralléliser quoi que ce soit quand chaque plat demande une concentration totale.

C’est de la surcharge cognitive, et c’est parfaitement normal. Même un cuisinier expérimenté ralentit considérablement sur une recette inconnue. La mémoire musculaire n’est pas encore là — vous devez réfléchir à chaque étape au lieu de l’exécuter par automatisme.

La règle qui change tout : sur une session de quatre ou cinq préparations, limitez-vous à une seule nouveauté. Le reste doit être constitué de recettes que vous maîtrisez suffisamment pour les exécuter sans relire les instructions. Votre quiche lorraine habituelle, votre ratatouille de toujours, vos lentilles comme vous les faites depuis des années. Ces plats familiers libèrent de la bande passante mentale — et c’est cette bande passante qui vous permet de gérer le séquençage, de surveiller plusieurs cuissons simultanément, et d’intégrer la nouvelle recette sans stress.

La nouveauté, c’est un plat par session. Pas deux. Pas trois. Un.

Erreur 3 : ignorer la conservation — et jeter le mercredi ce que vous avez cuisiné le dimanche

Vous avez cuisiné pendant deux heures un dimanche. Cinq préparations, tout est rangé dans le frigo, vous êtes satisfait. Le lundi et le mardi, les repas sont rapides et agréables. Le mercredi, vous ouvrez une boîte et vous hésitez. Le jeudi, vous sentez le plat et vous décidez de ne pas prendre le risque. Le vendredi, vous commandez une pizza.

Trois plats sur cinq ont fini à la poubelle. Non pas parce qu’ils étaient mauvais, mais parce que personne ne vous a aidé à planifier quoi manger en premier et quoi congeler immédiatement.

Les durées de batch cooking conservation ne sont pas uniformes et elles ne sont pas négociables.

Au réfrigérateur, entre 2 °C et 4 °C :

  • Les légumineuses cuites (lentilles, pois chiches, haricots) : cinq jours maximum.
  • Les plats mijotés en sauce (ratatouille, boeuf bourguignon, curry) : trois à quatre jours.
  • Les céréales cuites (riz, boulgour, quinoa) : trois jours pour le riz — il est particulièrement sensible à la prolifération bactérienne — et quatre jours pour le boulgour ou le quinoa.
  • Les quiches, gratins et tourtes : deux jours maximum, la texture se dégrade au-delà.

Ce que cela signifie concrètement : si vous cuisinez le dimanche et que vous avez prévu un plat pour le vendredi, ce plat doit aller directement au congélateur le dimanche soir. Pas au frigo en attendant de voir. Le frigo n’est pas un espace de stockage illimité — c’est une fenêtre de trois à cinq jours selon les préparations.

Le plan de conservation fait partie intégrante du batch cooking menu. Avant de commencer à cuisiner, vous devez savoir quel plat sera mangé quel jour, et quel plat sera congelé. C’est cette cartographie qui transforme deux heures de cuisine en cinq vrais repas — au lieu de trois repas et deux poubelles.

Un rappel de sécurité alimentaire : les plats cuisinés doivent être refroidis à température ambiante en moins de deux heures avant d’être rangés au réfrigérateur ou au congélateur. En été, réduisez ce délai à une heure. Étalez les préparations dans des récipients larges et peu profonds pour accélérer le refroidissement.

Erreur 4 : oublier les conflits de matériel

Vous avez planifié un gratin dauphinois et une quiche lorraine dans la même session. Problème : les deux ont besoin du four, et votre four n’a qu’une seule grille utilisable à la fois. Le gratin cuit une heure à 180 °C. La quiche, trente-cinq minutes à 200 °C. Deux températures différentes, deux durées différentes, et un seul four.

C’est un conflit d’équipement, et c’est l’une des erreurs batch cooking les plus frustrantes parce qu’on ne la découvre qu’au moment où l’on est déjà en pleine session. Le gratin est prêt à enfourner, la quiche aussi, et il faut choisir. L’un des deux attend — ce qui décale tout le séquençage, ajoute trente à quarante-cinq minutes à la session, et introduit une période de flottement où l’on ne sait plus vraiment quoi faire.

Même logique avec les plaques de cuisson. Si vous avez quatre feux et que votre plan prévoit simultanément une casserole de lentilles, une poêle de légumes, une cocotte de ratatouille et une casserole de riz — vous n’avez plus de feu disponible pour quoi que ce soit d’autre. Et si votre bouilloire est à induction mais que votre cocotte est en fonte émaillée qui ne passe pas sur votre plaque, c’est un autre blocage que vous découvrez trop tard.

La solution est simple, mais elle demande cinq minutes de réflexion avant de commencer. Pour chaque préparation de votre session, notez :

  • Le matériel de cuisson nécessaire (four, plaque, cocotte, poêle).
  • La température et la durée de cuisson.
  • Le moment où ce matériel sera libéré.

Ensuite, vérifiez qu’aucun moment de votre session ne demande deux fois le même équipement. Si c’est le cas, décalez une préparation ou remplacez-la par quelque chose qui utilise un autre mode de cuisson. Le gratin passe au four pendant que les lentilles et le riz occupent deux feux. La quiche remplace la ratatouille si vous n’avez pas assez de casseroles — ou inversement. Le menu s’adapte au matériel, pas l’inverse.

Erreur 5 : planifier sept dîners quand cinq suffiraient

C’est l’erreur de l’optimisation excessive. Vous regardez la semaine, vous comptez sept soirs, et vous préparez sept dîners. Aucune marge. Aucune flexibilité. Aucun espace pour l’imprévu.

Sauf que la vraie vie n’est pas un tableur. Le mardi, votre collègue vous propose de manger ensemble. Le jeudi, les enfants sont invités chez des amis et vous dînez à deux — une omelette suffit. Le samedi, vous avez envie de commander des sushis. Trois des sept plats prévus ne seront pas mangés cette semaine-là. Ils resteront au frigo un jour de trop, ou ils finiront congelés par défaut dans un geste de culpabilité.

Planifier cinq dîners pour sept soirs, c’est reconnaître que la flexibilité fait partie de la méthode. Deux soirs par semaine sans plan, c’est un espace pour les restes, les improvisations, les invitations, les soirs où personne n’a faim. Ce n’est pas un échec de planification — c’est une planification réaliste.

Cette marge a aussi un effet direct sur la charge de votre session de batch cooking. Cinq préparations au lieu de sept, c’est trente à quarante-cinq minutes de moins en cuisine. C’est moins de courses, moins de contenants à gérer, moins de fatigue. Et paradoxalement, c’est un taux d’utilisation plus élevé : vous jetez moins parce que tout ce que vous avez cuisiné est effectivement mangé.

Ce que donne une session bien séquencée

Voici un exemple concret d’une session de batch cooking facile pour une famille de quatre personnes, couvrant cinq dîners en semaine. Cinq préparations, une heure cinquante, aucun moment de panique.

Le menu de la session :

  • Ratatouille provençale (lundi et mercredi)
  • Quiche lorraine (mardi, mangée froide ou réchauffée)
  • Lentilles vertes aux carottes et oignons (jeudi, en salade tiède)
  • Riz complet (accompagnement lundi et jeudi)
  • Poulet rôti aux herbes (mercredi et vendredi)

Avant de commencer (10 minutes) : Sortez tous les ingrédients. Préparez cinq boîtes de conservation. Préchauffez le four à 180 °C. Lisez la chronologie ci-dessous une fois en entier.

T+0 — Le poulet entre au four. Salez, poivrez, ajoutez thym et romarin, enfournez. Cuisson : 1 h 15 à 180 °C, sans y toucher. C’est votre préparation la plus longue en cuisson passive — elle part en premier.

T+5 — Lancez la ratatouille. Pendant que le four chauffe avec le poulet, découpez courgettes, aubergines, poivrons et oignons. Faites revenir les oignons dans une cocotte à feu moyen, ajoutez les légumes, la sauce tomate, salez. Couvrez et laissez mijoter à feu doux quarante minutes. Temps actif : quinze minutes. Temps passif : quarante minutes.

T+20 — Lancez les lentilles. Rincez 300 g de lentilles vertes. Pelez et coupez deux carottes en petits dés et un oignon en morceaux. Mettez le tout dans une casserole, couvrez d’eau froide, portez à ébullition puis baissez à feu doux. Cuisson : vingt-cinq à trente minutes. Temps actif : cinq minutes.

T+25 — Préparez la quiche lorraine. Pendant que les lentilles et la ratatouille cuisent doucement, vous avez les mains libres. Étalez votre pâte brisée dans un moule. Faites revenir les lardons cinq minutes à la poêle. Battez quatre oeufs avec 20 cl de crème fraîche, salez, poivrez, ajoutez une pincée de noix de muscade. Versez l’appareil sur les lardons disposés dans le fond de tarte. La quiche attendra que le four se libère.

T+40 — Lancez le riz complet. Rincez 350 g de riz complet, mettez-le dans une casserole avec le double de son volume en eau, salez, couvrez. Portez à ébullition, puis baissez à feu doux. Cuisson : trente-cinq à quarante minutes sans ouvrir le couvercle.

T+50 — Vérifiez la ratatouille et les lentilles. Les lentilles devraient être presque cuites. Goûtez, ajustez l’assaisonnement. La ratatouille a mijoté quarante-cinq minutes — elle est prête. Coupez le feu sous la cocotte, laissez-la reposer couvercle ouvert.

T+75 — Sortez le poulet du four. Enfournez la quiche. Le poulet est doré et cuit. Sortez-le et laissez-le reposer quinze minutes avant de le découper. Montez le four à 200 °C et enfournez la quiche. Cuisson : trente à trente-cinq minutes.

T+80 — Commencez le rangement. Portionnez la ratatouille : deux portions pour lundi dans une boîte au frigo, le reste pour mercredi dans une autre boîte. Portionnez les lentilles : une boîte pour jeudi au frigo, une portion au congélateur pour la semaine suivante si vous en avez en excès. Le riz sera prêt dans cinq minutes — portionnez-le pour lundi et jeudi.

T+110 — Sortez la quiche. Session terminée. La quiche refroidit sur une grille. Le poulet est découpé et réparti dans deux boîtes (mercredi et vendredi — la portion du vendredi ira au congélateur). Tout est étiqueté. La cuisine est propre.

Bilan : 1 h 50 de session, dont environ 50 minutes de travail actif. Le reste du temps, le four, les plaques et la cocotte travaillaient à votre place. Aucun conflit de matériel : le four a accueilli le poulet puis la quiche, jamais les deux en même temps. Quatre feux maximum utilisés simultanément, et seulement pendant quinze minutes.

Pourquoi le séquençage est la partie difficile — et pourquoi ce n’est pas grave

Le séquençage demande de penser à plusieurs choses en même temps : les durées de cuisson, le matériel disponible, l’ordre de préparation, les moments où vos mains sont libres. C’est un exercice de coordination, pas de cuisine. Et c’est pour cela que même des personnes qui cuisinent très bien peuvent se retrouver débordées lors d’une session de batch cooking — le problème n’est pas dans les gestes, il est dans la logistique.

La bonne nouvelle, c’est que le séquençage s’améliore avec la pratique. La première session est un peu hésitante. La troisième est nettement plus fluide. À la dixième, vous n’avez plus besoin de tout écrire — vous sentez quand lancer la casserole suivante.

Mais cette courbe d’apprentissage, aussi naturelle soit-elle, est aussi la raison pour laquelle beaucoup de gens abandonnent après une ou deux tentatives. Ils concluent que le batch cooking n’est pas pour eux, alors qu’ils étaient simplement en train d’apprendre la partie la plus difficile sans le savoir.

Ce n’était pas un échec. C’était un apprentissage déguisé en chaos.

Comment ne pas reproduire ces erreurs la prochaine fois

Cinq principes, applicables dès votre prochaine session.

Écrivez votre séquençage avant de commencer. Pas les recettes — le séquençage. À quel moment chaque préparation démarre, quel matériel elle utilise, quand elle libère le four ou un feu. Dix minutes de planification qui en économisent quarante-cinq.

Gardez une recette nouvelle par session, pas plus. Votre répertoire s’élargira naturellement, à raison d’une nouveauté par semaine. En trois mois, vous aurez ajouté douze recettes à votre rotation — sans jamais avoir eu l’impression de vous surcharger.

Décidez le jour même de la session ce qui va au frigo et ce qui va au congélateur. La conservation n’est pas une réflexion du mercredi — c’est une décision du dimanche.

Vérifiez les conflits de matériel. Si deux plats ont besoin du four en même temps, changez l’un des deux. C’est plus simple de modifier le menu que de modifier la physique.

Planifiez cinq repas, pas sept. Laissez de la marge pour les imprévus, les restes et les soirs où vous n’avez tout simplement pas envie de ce que vous avez préparé. La flexibilité n’est pas l’ennemie de l’organisation — elle en est la condition.

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