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Batch cooking débutant : le guide complet

Vous avez peut-être essayé une fois, décidé de tout cuisiner d’un coup un dimanche après-midi, et terminé épuisé avec un frigo encombré et l’impression d’avoir perdu votre journée. Ce guide est fait pour vous. Le batch cooking débutant, c’est avant tout une question de méthode — et la méthode s’apprend.

Le batch cooking, ce n’est pas du meal prep

La confusion est fréquente, et elle explique beaucoup d’échecs. Le meal prep américain, c’est préparer des portions individuelles identiques pour toute la semaine : sept boîtes de riz, sept portions de poulet, sept parts de brocoli. C’est efficace pour un athlète qui mange la même chose chaque jour. Ce n’est pas ce que vous cherchez.

Le batch cooking, c’est cuire des bases et des plats complets que vous assemblez et combinez différemment au fil de la semaine. Une grande casserole de lentilles cuisinées le dimanche devient une soupe lundi soir, une salade composée mercredi midi, et s’incorpore dans un dhal vendredi. Vous ne mangez pas la même chose tous les jours — vous avez juste éliminé l’effort quotidien de partir de zéro.

La nuance compte. Le batch cooking respecte la cuisine française : les plats ont du goût, les textures tiennent, la table reste un plaisir.

Les 3 raisons pour lesquelles la plupart des débutants abandonnent

1. Le séquençage ignoré

C’est la cause principale d’une session chaotique. On lance tout en même temps, on se retrouve à surveiller quatre casseroles simultanément, quelque chose brûle pendant qu’on s’occupe d’autre chose. Le résultat est médiocre et l’expérience stressante.

Le séquençage, c’est l’ordre dans lequel vous démarrez chaque préparation. Les plats qui cuisent longtemps partent en premier. Pendant que le four travaille, vous préparez à froid. Pendant que l’eau bout, vous hachez. Aucune minute n’est perdue, aucune minute n’t’est surchargée.

2. Une première session trop ambitieuse

Six plats, deux heures de liste de courses, un plan qui suppose que tout se passe exactement comme prévu. Quand la première recette prend vingt minutes de plus que prévu, tout le plan s’effondre. La première session doit être petite par principe : trois ou quatre préparations, deux heures maximum, des recettes que vous connaissez déjà.

Ce n’est pas une limite — c’est une stratégie. Réussir une session modeste vous apprend le rythme, vous donne confiance, et vous montre ce qui fonctionne dans votre cuisine avec votre matériel.

3. Aucun plan de conservation

Préparer sans savoir combien de temps chaque plat se garde, c’est prendre le risque de jeter la moitié de ce que vous venez de cuisiner. Pire : garder quelque chose trop longtemps et avoir un doute au moment de servir. La conservation n’est pas une contrainte administrative — c’est une partie intégrante du batch cooking.

Comment planifier votre première session réaliste

Choisir les bons plats

Pour une première session, sélectionnez quatre préparations au maximum, dont au moins deux que vous maîtrisez déjà. Voici un exemple concret qui fonctionne bien :

  • Une légumineuse cuite en grande quantité : lentilles vertes, pois chiches, haricots blancs. Polyvalentes, se conservent cinq jours au réfrigérateur.
  • Un plat complet mijouté : ratatouille, boeuf carottes, poulet au citron. Lance dans la cocotte, s’occupe tout seul.
  • Une base céréalière : riz complet, boulgour, quinoa. Cuit en vingt minutes, utilisable de dix façons différentes.
  • Une quiche ou un gratin : quiche lorraine, gratin dauphinois. Passe au four pendant que vous faites le reste, se mange chaud ou froid, tient deux jours au réfrigérateur.

Quatre préparations, deux heures. C’est suffisant pour couvrir quatre à cinq repas complets pour une famille, selon les portions.

Faire la liste de courses la veille

Pas le matin même, la veille. Ce détail change tout. Le matin de votre session, vous rangez vos courses directement dans l’ordre d’utilisation, et vous commencez à cuisiner sans friction.

Préparez aussi vos récipients de conservation à l’avance : boîtes hermétiques, bocaux en verre, sachets congélation. Avoir à chercher vos contenants pendant que quelque chose cuit sur le feu, c’est exactement le genre de détail qui fait déraper une session.

Le principe du séquençage : comment paralleliser sans se perdre

C’est le coeur de la méthode. Voici comment raisonner.

Cartographier les temps de cuisson

Avant de commencer, notez pour chaque préparation : le temps de préparation active (épluchage, découpe) et le temps de cuisson passive (four, mijotage). Le temps passif est votre ressource principale — c’est pendant ce temps-là que vous préparez la recette suivante.

Exemple concret avec les quatre préparations citées plus haut :

Gratin dauphinois : 25 min de préparation, 60 min au four à 180°C. Ratatouille : 20 min de découpe, 40 min de cuisson à feu moyen. Lentilles vertes : 5 min de préparation, 30 min de cuisson. Riz complet : 2 min de préparation, 40 min de cuisson.

Le séquençage optimal : le gratin entre en premier dans le four. Pendant que vous enfournez, vous lancez les légumes pour la ratatouille. Pendant que la ratatouille chauffe, vous rincez et mettez les lentilles à cuire. Le riz part en dernier, il sera prêt juste avant la fin du gratin.

Résultat : tout est prêt en même temps, environ 1h45 après le début de la session. Sans ce séquençage, la même quantité de cuisine prendrait trois heures et demie.

Les règles de base du séquençage

Le four d’abord, toujours. Une fois qu’un plat est au four, vous avez du temps libre garanti. Traitez ce temps comme précieux.

Les préparations longues à feu doux avant les préparations rapides. Une cocotte qui mijote quarante minutes ne demande aucune attention après les cinq premières minutes.

Gardez les tâches froides (hachage, épluchage, assemblage de salades) pour les moments où vous avez une cuisson passive en cours. Ne hachez jamais quelque chose quand vous pourriez le faire pendant qu’autre chose cuit.

Le matériel dont vous avez réellement besoin

Les blogs de cuisine ont tendance à transformer une liste de courses en catalogue d’équipement. Voici ce qui compte vraiment.

Ce qui est indispensable

Une grande cocotte en fonte ou en inox avec couvercle. C’est l’outil central du batch cooking. Elle passe du feu au four, elle retient la chaleur, elle fait le travail seule. Si vous n’en avez qu’une, prenez-la de 24 cm de diamètre minimum.

Des boîtes hermétiques en verre. Pas pour des raisons idéologiques — simplement parce qu’elles ne tachent pas, ne retiennent pas les odeurs, et passent au micro-ondes et au four. Quatre à six boîtes de taille moyenne suffisent pour commencer.

Un couteau bien aiguisé. Un seul couteau de chef de qualité vaut mieux que dix couteaux médiocres. La découpe représente souvent trente à quarante pour cent du temps actif d’une session.

Une planche à découper grande. Pas deux petites — une grande. Vous découpez plus vite, vous balayez les restes directement dans la casserole, et votre plan de travail reste dégagé.

Ce dont vous n’avez pas besoin tout de suite

Thermomètre de cuisson, mandoline, robot multifonction, blender haut de gamme. Tout cela peut être utile plus tard, une fois que vous avez un rythme. Pour une première session et les dix suivantes, votre cuisine standard suffit largement.

Conservation : ce qui se congèle, ce qui ne se congèle pas

Durées au réfrigérateur (entre 2°C et 4°C)

Les légumineuses cuites (lentilles, pois chiches, haricots) se conservent cinq jours au réfrigérateur dans une boîte hermétique. Les plats mijotés en sauce (ratatouille, boeuf carottes) tiennent trois à quatre jours. Les céréales cuites (riz, quinoa, boulgour) restent bonnes quatre jours. La quiche lorraine ou un gratin dauphinois se conservent deux jours — au-delà, la texture se dégrade.

Règle pratique : si vous ne pensez pas consommer un plat dans les trois jours, congelez-le immédiatement après refroidissement. Ne le mettez pas au frigo en espérant voir. Le freezer est votre allié, pas une solution de dernier recours.

Ce qui se congèle bien

Les légumineuses cuites se congèlent parfaitement — portionnez-les avant de congeler pour pouvoir décongeler exactement ce dont vous avez besoin. Les plats en sauce (ratatouille, daubes, currys, soupes) supportent très bien la congélation. La pâte à quiche précuite se congèle, mais pas la quiche assemblée avec les oeufs — la texture des oeufs cuits congelés est décevante.

Durée recommandée au congélateur : trois mois maximum pour les plats cuisinés. Étiquetez systématiquement avec le nom et la date — la mémoire est infaillible jusqu’au moment où elle ne l’est plus.

Ce qui résiste mal à la congélation

Les pommes de terre cuites (gratin dauphinois inclus) : la texture devient farineuse et gorgée d’eau à la décongélation. Prévoyez de les consommer dans les deux jours. Les pâtes et le riz cuits : supportent la congélation mais perdent beaucoup en texture. Mieux vaut les conserver au frigo et les consommer sous quatre jours. Les préparations à base de crème fraîche épaisse : la crème a tendance à trancher à la congélation.

Le refroidissement avant rangement

Un point de sécurité alimentaire à ne jamais ignorer : ne rangez jamais un plat chaud directement au réfrigérateur ou au congélateur. Laissez-le refroidir à température ambiante, mais pas plus de deux heures. Si vous cuisinez en été, réduisez ce délai à une heure. Transfert rapide dans un récipient peu profond pour accélérer le refroidissement si besoin.

Votre première session : un plan d’action concret

Samedi soir : choisissez trois ou quatre recettes connues. Faites la liste de courses. Préparez et libérez de l’espace dans votre frigo.

Dimanche matin, avant de commencer : sortez tout votre matériel de conservation. Lisez les recettes en entier. Identifiez quel plat entre en premier, lequel en second. Notez les temps de cuisson sur un papier ou votre téléphone.

Pendant la session : respectez le séquençage prévu. Si quelque chose prend plus de temps que prévu, adaptez — c’est normal. Ne rajoutez pas une cinquième préparation parce que vous vous sentez en avance. Finissez bien ce que vous avez commencé.

En fin de session : étiquetez tout. Notez ce que vous avez aimé et ce que vous changerez la prochaine fois. Cette trace écrite vaut de l’or pour la session suivante.

La deuxième session sera plus rapide. La troisième, plus fluide encore. Ce qui semble compliqué aujourd’hui — anticiper le séquençage, estimer les temps, gérer plusieurs cuissons simultanées — devient progressivement une habitude. Une heure et demie suffira là où il vous fallait deux heures et demie.

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